Ecrivains en herbe

Voici une page blanche.

A nous de la remplir, avec des poèmes, des pensées, des phrases...


Rupture

Alors il y a eu ce silence entre Elle et Lui, une longue minute interminable...les regards se sont épuisés à se chercher encore puis plus rien, leurs yeux se sont soigneusement évités...dehors les bruits de la Ville Grande, l'effervescence, le tourbillon sans cesse renouvelé, contraste saisissant avec les mouvements très lents de Elle au moment de fermer son sac...Lui. traine encore l'écho de la dernière phrase "tu es adorable, génial mais je ne t'aime pas..."comme une ultime punition...il ne se sent pas trahi seulement condamné à subir l'évidence...il pensait que Elle. donnerait sa chance à l'histoire, que les sentiments pouvaient encore évoluer...qu'il est surement maladroit lorsqu'il exprime ces choses mais que c'est touchant, aussi...il est là devant Elle. qui le quitte, pense que l'amour c'est aussi ça, ne pas trahir, être honnête, ne pas detester...il se retourne pour vérifier que Elle. n'oublie rien et n'entend pas la porte qui doucement s'est déjà refermée...

                                                                Zerowatt


Comme c'est venu...

Nous écrasons les possibles de nos foulées prématurées…nous déformons pour reconstruire nos pierres tombantes…à l’heure des moissons, nos champs s’étonnent de notre manque de culture.
                                                          Zerowatt.


Autour du "O"


Cercle parfait dont je ne sors jamais. Lasso des mots, saut centré, boulle d’air, bulle d’écriture qui ne supporte aucune rature sous peine d’être confondu avec le Q.

Rond de bouche pour ce son aux multiples variations : fermé, ouvert, tendu ou souple, autant de possibles intonations : déception, étonnement, indignation, admiration…

                                                                            

Par une belle et douce journée d’hiver, elle pouvait enfin le revoir. Il était alors comme un lac immense sans rupture avec le ciel.
Première sensation frappante, comme un cri profond : le silence infini.
Aussitôt suit l’apaisement précieux, toujours trop rare, puis une impression de vide, un accès à une nouvelle dimension étrange et inconnue, onirique et féconde. Alors la déambulation commence, au fil de rien, sans penser, elle regagne le plaisir des empreintes laissées dans le sable ; l’enfantin émerveillement devant ces milliers de points scintillants sur l’eau et le sol.
« Mais qui a bien pu imaginer une beauté pareille ? Quel est l’auteur de cette œuvre d’art gigantesque ? »
La délicieuse errance la mène jusqu’aux rochers ; une féerie sonore, après la purification du silence, se laisse entendre. Des bruissements d’eau, ruissellement de vie qui suit son cours entre les cailloux et les bigorneaux ; une symphonie délicate parfois infime, puissante ou métallique mais toujours liquide.
L’Océan remontait peu à peu la rive sablonneuse pour se poser, s’allonger, un temps donné.
                                                                               Bulle.


Le Labo d'analyse

Il est 08h20 lorsque je pousse la porte du Labo d'analyses afin d'y effectuer un petit prélèvement sanguin...une chouette odeur de café se propage dans la pièce, les doigts sont encore gras du croissant avalé rapidement, les blouses blanches ne sont que partiellement attachées...je me fais connaitre à l'accueil et vais m'assoir en attendant mon tour.

L'infirmière qui vient me chercher est antillaise, son sourire est prévenant...a-t-elle remarqué mon angoisse à l'idée de me faire piquer ?

Un 'installez-vous confortablement' vient casser l'ordre des choses...comme si j'avais réellement envie de prendre mes aises ! mon angoisse est palpable, elle vient de me poser un horrible bracelet en caoutchouc, me demande de serrer le poing et approche son aiguille...je ferme les yeux au moment de l'impact, retiens mon souffle, compte jusqu'à 3 millions...je vois ma vie défiler, les souvenirs d'enfants se succèdent, je glisse lentement...'ah j'ai le nez qui me gratte, ce n'est vraiment pas le moment'...me ramène à la réalité de ce jeudi maudit...ma tortionnaire se frotte maintenant énergiquement les narines...la situation me ferait assurément sourire si elle avait la bonne idée de retirer l'aiguille, les tubes étant plus que remplis ...l'idée d'une inondation rouge vif me fait froid dans le dos ! Mais voilà qu'elle se mouche avec une énergie qui fait plaisir à voir...tout en m'ôtant l'aiguille de ses deux doigts encore libres...nous nous regardons, amusés mais je ne lui serre pas la main...j'ai des principes !
                                                                         Zerowatt.

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